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INSPIRATION

Quel style selon les décennies ?

Pour devenir un.e véritable expert.e du vintage et chiner des pépites, encore faut-il arriver à situer les époques des pièces et des silhouettes. Dans cet article, que vous pouvez retrouver dans son intégralité dans notre Bible du Vintage écrite en collaboration avec The Good Goods et Aube, on vous propose de revenir sur 100 ans de mode occidentale, pour apprendre à repérer les différents styles et se forger le sien.

Voici donc les pièces et allures phares de chaque décennie, à connaître – ou à oublier ! 

1880-1914 :

Pour les femmes, c’est la grande période de l’Art Nouveau, inspirée de la nature, de ses courbes et donc, des fameux corsets en forme de S. Les ornements sont nombreux, entre volants, corsages en dentelles et cols hauts… mais les cheveux sont ramenés en chignon, les têtes ornées de chapeaux volumineux.

robe 1880

Du côté des hommes, l’influence vient de Grande-Bretagne : ils optent généralement pour un complet noir, le fameux “trois-pièces” (veston, gilet, pantalon) et d’un chapeau melon appelé “bowler”. Cette silhouette contraste avec la délicatesse féminine. Smoking, habit en queue de pied sont de mise, mais on note aussi l’apparition du “sweater”, un simple tricot en laine confortable.

Deux dates phares sont à retenir : 

  • 1905, l’apparition des rayons X qui dévoilent l’impact considérable des corsets sur le corps des femmes, et les premiers dessins de robe sans corset, avec une tenue par ceinture baleinée de Paul Poiret.
  • Jean Patou habille sa muse et championne de tennis Suzanne Lenglen sur les courts et dans la vie. Le sport transforme peu à peu la silhouette et l’habillement. 

1914-1918 :

Malheureusement, la Première Guerre mondiale uniformise les codes de la mode : les femmes font tourner l’économie et ont besoin d’un vêtement pratique et simple. Les cheveux sont courts ou attachés pour éviter les accidents en usine. Le corset est définitivement abandonné et la silhouette ne souligne plus les lignes : on ne voit ni taille, ni hanches, ni fesses. Le noir domine car beaucoup de femmes et familles portent le deuil. Les tenues sont munies de boutons et de poches, le chapeau est enfoncé sur la tête, la praticité domine. Ce pragmatisme entraîne aussi un raccourcissement des vêtements, à la cheville dans un premier temps, puis au mollet à la fin de la guerre.

Date clef : 

  • En 1914, Chanel ouvre une boutique à Deauville en 1912 et habille les femmes élégantes qui y restent pendant la guerre. Elle élabore des vêtements pratiques et confortables, et fait partie des premières femmes à porter le pantalon. 
coco chanel 1914

1920 :

Mais enfin, après les années sombres de la guerre, Paris devient la capitale mondiale de la fête. On danse et on oublie tout ! Pour les femmes, la robe est courte et arrive au genou, de jour comme de nuit jusqu’en 1925, les couleurs sont excentriques et les robes sont bariolées. Les accessoires se font nombreux : chapeau cloche, minaudière (sac dans lequel on met son rouge à lèvres, un poudrier et un miroir) et fume-cigarette.

Pour les hommes, le complet-veston est toujours de rigueur, canne, chapeau melon et dominance de bleu horizon, pardessus droit tandis que le smoking se porte le soir avec un haut-de-forme. L’Influence british est toujours de mise : vestes en tweed, pantalons larges Oxford bags, sweater, pull- over (à rayures, losanges ou carreaux) mais la chemise américaine arrive aussi, avec des cols mous et des pans séparés.

chanel 1920


Créations phares :  

  • En 1920, Madeleine Vionnet, “la puriste de la mode” fait dans la géométrie et crée la robe aux quatre mouchoirs (quatre carrés assemblés par leurs diagonales).
  • En 1926 : Création de la petite robe noire de Chanel “la Ford de Chanel” selon Vogue US.

1930 : 

En 1930, c’est la première glorification du sport et de la gymnastique. La taille est marquée et la silhouette épaulée, les robes du soir s’inspirent de la Grèce Antique au début des années 30 : la femme devient une sculpture vivante. Chez les hommes, la taille est marquée et la silhouette épaulée aussi !

homme costume 1930

Zoom sur l’année 1937 :
– 1937 : Le surréalisme apparaît, notamment porté par Salvador Dali, et la robe Homard naît d’une collaboration entre Elsa Schiaparelli et l’artiste.
– 1937 : Année de la toute première parution Marie Claire sur les thèmes suivants : réaliser, recycler et transformer sa nappe ou son rideau. La période de crise et de krach laisse place à la débrouille.

1939-1945 :

Dès lors que la France se retrouve sous l’Occupation, la Haute Couture devient à nouveau réglementée et les matières premières rares. La mode se bricole et cela engendre une forme de créativité : on recycle les rideaux, on récupère le liège, on utilise le bois, on transforme le plastique. La devise suivante « Make, Do and Mend » résume bien l’époque car tout doit être exploité au maximum. Chez les hommes, Les Zoot Suiters appelés les Zazous en France sont les Dandies de la guerre. Pantalons larges, vestons longs et massifs, chaussures en cuir avec des semelles imposantes, chemise blanche et parapluie composent leur accoutrement.

A retenir : 

  • 1945 : Première parution du Elle par Hlène Gordon Lazareff. Le magazine s’intéresse à ce que pensent et veulent les femmes, et pas seulement à la Haute Couture.
  • 1947 : Christian Dior présente sa première collection et fait renaître la couture française avec le “New Look », expression employée par Carmen Snow du magazine Harper’s Bazaar. Le couturier n’invente rien, il réincarne l’idéal féminin nostalgique et la femme de la Belle Epoque faite de courbes et de contre-courbes. Il compose son look avec une veste tailleur (avec des épaules ajustées, la poitrine très saillante et les hanches arrondies par des basques), une jupe plissée (en lainage ample et beaucoup plus longue) et de très fins talons.
  • 1950 : Cristobal Balenciaga présente un style hispanique avec des dentelles noires et de la laine, propre au pays basque.

1950 :

A la sortie de la guerre, pour les femmes, le nylon devient accessible au grand public. Il se lave très facilement et peut se colorer dans tous les tons. Portée sous les jupons en nylon, la gaine des années 50 affine et serre la taille, et arrondit les hanches. Chez les hommes,les silhouettes sont influencées par la mode italienne : les chaussures sont pointues, le pantalon est près du corps, les vestons sont courts. On porte le Duffle-coat anglais. A la suite du conflit, l’influence américaine fait une place dans le dressing pour les pull-overs et les blousons noirs.

Quelques collections emblématiques :

  • 1947-1957: Christian Dior s’impose comme la référence du style. Il restaure le formalisme vestimentaire en privilégiant une tenue par circonstance de vie. On se remet à changer de tenues plusieurs fois par jour. La robe de cocktail doit être plus courte (mi-mollet) et les robes du soir sont fastueuses (drapées, plissées, entièrement brodées). 
  • 1952 : Avec sa collection “Jolie Madame” Pierre Balmain reflète un nouvel état d’esprit et un nouveau style dans les coupes, les couleurs, les matières, impressionnantes et remarquables.
  • 1954 : Chanel revient en force. Face au retour insidieux des corsets, elle introduit la ligne tubulaire avec un tailleur en tweed pour la femme moderne. La femme Chanel est active, pragmatique.
  • 1957-1958 : Première collection Trapèze d’YSL pour DIor, avec ses robes évasées.
  • 1959  : Pierre Cardin présente sa 1ère collection de prêt à porter féminin avec des lignes sobres et simplifiées, au Printemps. Les Grands Magasins se multiplient et deviennent accessibles à tous.tes via le Bon Marché. Belle jardinières, Prisunic etc. C’est la naissance du prêt à porter.

1960 :

Dans les années 1960, c’est la beauté androgyne qui se démarque : pour les femmes, le col roulé se glisse sous le tailleur. On retrouve le caban, la blouse, la saharienne et le tailleur, le smoking… Tous réinterprétés par Yves Saint Laurent qui ouvre sa maison en 1962. On porte la mini-jupe, les collants et la robe trapèze rigide et synthétique de 1960 repose sur les épaules.

Chez les hommes aussi, la silhouette est graphique et androgyne. Le pantalon cigarette apparaît au début de la décennie puis s’élargit peu à peu et devient pattes d’éléphant.  Le velours resurgit un siècle après avec le pantalon décliné en velours côtelé, milleraies et peau de pêche. Pierre Cardin dessine des collections de prêt-à-porter masculin épurées : le costume est à col officier ou dépourvu de col avec une fermeture à glissière.

Quelques moments “iconic” :

  • 1964 : Mick Jagger, membre des Rolling Stones, porte une mini-robe sur scène. Une grande première !
  • 1965 : Courrèges fait scandale avec ses mini-jupes et le pantalon pour toutes les circonstances de la journée – tout ça en matières synthétiques.
  • « Youthquake”, le mouvement culturel du “tremblement de la jeunesse” est défini par Diana Vreeland, rédactrice en chef du magazine Vogue.
  • 1970 : Paco Rabanne réalise des robes en métal très courtes et fait travailler les ateliers de couture d’une nouvelle manière. La plupart des français·es s’habillent en prêt-à- porter à l’aube des années 70. 

1970 :

Dans les années 1970, il n’y a plus qu’une seule mode : l’inspiration est orientale, exotique et ethnique. On retrouve toujours cette “Masculinisation” du dressing féminin : avec l’emprunt du costume-pantalon par exemple. Mais ce mouvement va plus loin, la mode s’inspire de contre- cultures hippie et punk et notamment par la musique pop, rock et disco… On s’approvisionne aux puces et dans les surplus militaires.
Comme lors des années 1960, on a une certaine androgynie des looks masculins aussi, qui se “féminise” cheveux longs, chemises à col “pelle à tarte” très ajustées, pantalons moulants à pattes d’éléphant, port de la sacoche du fait d’absence de poche, talons hauts, lunettes aux montures excentriques : on s’amuse avec la mode !

Quelques modes des années 1970 :

  • 1975 : Le jogging et l’aérobic arrivent des USA (c’est l’apogée de la minceur et du culturisme).
  • 1976 :  Le mouvement punk se démocratise dans la mode sous l’impulsion de Vivienne Westwood. 

1980 :

L’aérobie, le jogging et le sport de manière générale influencent énormément la mode des années 1980. La silhouette dévoile le corps en s’inspirant du bodybuilding : les épaules sont très larges, la taille fine et les jambes fines et très longues. Le lycra révolutionne la coupe des vêtements et l’univers de la lingerie, accompagné de l’élasthanne et de la viscose. A côté de cela, on constate un attrait pour les classiques : Levi’s 501, Burberry, Perfecto, Doc Martens, Paraboot… Chez les hommes comme les femmes, l’allure est sportive. Pour Monsieur, Kenzo réinterprète le costume avec des rayures et des épaules larges. Les costumes sont en Laine Cool Wool à partir de 1985.

1990 :

Dans les années 1990, le grunge rompt avec le New Age : le style se veut authentique, individuel et fait de superposition. Jean et T-shirt moulants assortis de baskets deviennent la panoplie incontournable. Le maquillage est naturel, la silhouette élancée, tonique et les vêtements sont épurés. Les femmes chinent dans les puces, les fripes et les boutiques vintage.

2000 :

Dans les années 2000, le trio de choc, c’est baskets, jean slim et t-shirt. Taille basse, bandana, veste en jean, haut crop-top, piercing au nombril, chirurgie esthétique : le style se veut sexy et hip-hop et l’apparence est primordiale. Des marques intermédiaires du prêt-à-porter trouvent leur place entre le luxe et la fast fashion (Vanessa Bruno, Tara Jarmon…). Le slow wear pointe le bout de son nez plus tard dans la décennie : achats de vêtements intemporels pour sortir des tendances de mode, achats de meilleure qualité et sensibilisation au développement durable.

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